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Autopartage

L'autopartage, c'est la possibilité d'emprunter une voiture si l'on n'en a pas et généralement ... de la conduire en solo. A première vue, ce n'est pas une solution pour qu'il y ait "moins de voitures autour des villes" (notre devise). Et pourtant, c'est un service indispensable si l'on comprend ...

  • qu'une des plus fortes motivations pour lâcher son volant, c'est d'avoir une voiture de moins dans la famille et d'économiser ainsi plusieurs milliers d'euros par an
  • que c'est possible avec de bonnes alternatives telles que le covoiturage, les deux-roues et/ou les transports collectifs
  • mais que ces bonnes alternatives ne couvrent jamais la totalité des besoins de déplacement
  • et qu'il donc indispensable d'avoir une solution de dépannage en dernier recours, c'est à dire un servive d'autopartage à proximité.


Est-il possible d'offrir un tel service dans les communes périurbaines ? N'espérons rien des multinationales de l'autopartage. Elles sont trop occupées à se disputer des parts de marché dans les grandes villes pour s'intéresser aux zones peu denses, et donc peu rentables. Il y a deux options pour faire de l'autopartage à la campagne : subventionner des véhicules dédiés ou prêter/emprunter des voitures entre particuliers.

Nous aimons bien l'expérience de Mens (Isère) où toutes les options ont été essayées successivement avec une admirable persévérence.

Autopartage de véhicules dédiés 

Nous résentons ici deux exemples qui montrent que cette formule est viable à petite échelle à condition d'être subventionnée :

Les parcs naturels des Bauges, du Pilat et du Vercors

Depuis 2013, ces trois parcs naturels proposent un service d'autopartage avec des véhicules Citiz en libre-service stationnés dans des villages de 700 à 3500 habitants, soit à l'année, soit en été. Par exemple, dans le village du Châtelard (700 h) la voiture en autopartage sort un peu moins de 10 fois par mois et roule environ 10 000 km par an. Les frais d'exploitation s'élèvent à 8400 € / an et les recettes perçues sont de l'ordre de la moitié. Le Parc paie la différence. Voir la fiche du CEREMA.

L'éco-hameau de Chevaigné

Cette expérience a été lancée en 2014 par le promoteur d'un éco-hameau à proximité de Rennes. Au départ, deux familles ont mis à disposition leur véhicule personnel équipé d'un boitier permettant l’ouverture du véhicule par carte magnétique et un partage du véhicule sans échange de clés par l'intermédiaire de Koolicar (un opérateur qui a disparu depuis). Cependant, le système a été peu utilisé, principalement par crainte d’endommager la voiture des voisins.

Il a donc été décidé d’ajouter un véhicule 'neutre' dédié à l’autopartage, une voiture électrique prêtée par un garagiste local. Au bout de six mois, la voiture avait parcouru 5000 kilomètres. Les utilisateurs ont apprécié la facilité d’utilisation du système, le confort de conduite du véhicule électrique ainsi que son caractère moderne et innovant, même si cela impliquait de planifier et d’optimiser leurs déplacements. Certains usagers envisageaient d'abandonner une de leurs deux voitures. Cependant, l'expérience a du être arrêtée faute de rentabilité économique.

Autopartage entre voisins

Nous présentons ici une formule bien rodée et une expérience en cours :


On trouvera beaucoup d'autres informations au Centre de ressources d'ADETEC.

Crest-Autopartage

Ce système d’autopartage fonctionne à Crest (7000 hab.) dans la Dôme. Il a été créé en quelques mois par un groupe d’amis. Au bout de deux ans, l’association avait 30 adhérents et sept voitures en prêt parcourant au total 10 000 km par an. 

Le système ne se substitue pas à l’assurance du prêteur. L’emprunteur est informé des conditions faites par l’assureur du véhicule et il s’engage en connaissance de cause à rembourser au prêteur la franchise et le malus en cas d’accident. L’association conserve une caution permettant de garantir ce remboursement si nécessaire.

Dans ces conditions, il n’y a pas lieu de faire appel à un opérateur d’autopartage ni de prélever un pourcentage sur les locations. Le prix est fixé à 24 cts du kilomètre pour  une voiture moyenne, y compris le carburant. La location est simplifiée au maximum. Sauf exception, elle est payée en fin du trimestre. À cette date se tient un pique-nique où se rencontrent les adhérents qui le souhaitent et où se règlent les petits problèmes.

Le rôle de l’association est surtout de sécuriser l’autopartage en rejetant des demandes d’adhésion présentant des risques et en collectant les chèques de caution. Concrètement, l’association n’a pas grand-chose à gérer et ses charges de fonctionnement sont couvertes par une cotisation de 5 € par an.

Ce système ne demande qu’à être imité, et d'ailleurs nous l'avons décliné en prériphérie de Bourg-en-Bresse.

Voir le texte complet de notre étude.

Autour de Clermont-Ferrand et de Tarare

Il s'agit d'une vaste expérience qui a débuté en 2018 et qui ambitionne de créer une centaine de groupes d'autopartage dans des communes périurbaines et rurales du Puy de Dôme et du Rhône. Les collectivités  aident à former et animer les groupes d'autopartage. Une assurance, incluse dans l'indemnité kilométrique, couvre les risques pendant la durée du prêt.

L'expérience de Mens (Isère)

Louer sa voiture plutôt que la laisser dormir au garage : six familles de Mens (1500 hab.), au sud de Grenoble, ont franchi le pas. Entre 2011 et 2015, elles ont proposé jusqu'à dix véhicules particuliers en location par l’intermédiaire de plusieurs opérateurs nationaux. Le système s’est créé de façon très légère, sans organisation porteuse ni coût ni subvention.

La proposition typique était faite par un couple ayant deux voitures sous utilisées. Le tarif était d'environ 30 centimes par kilomètre, essence comprise, soit à peu près le barème fiscal. Une quinzaine d’utilisateurs ont fait environ 85 locations en 3 ans. Avec l’aide de ce système, un couple a réussi à fonctionner avec une voiture au lieu de deux et une personne a réussi à se passer de voiture.

Début 2015 l’opérateur intervenant à Mens a fusionnée avec Drivy dont la priorité stratégique était la conquête des grandes villes d’Europe. Les règles mises en place au service de cette stratégie ont tué la pratique villageoise qui s’était installée. Une nouvelle tentative a été faite en 2016 avec Koolicar (disparu depuis) mais la dynamique qui s’était installée était fragile et elle n'a pas pu être réanimée.

En 2019, plusieurs acteurs locaux (publics et privés) ont décidé d'acheter deux voitures, de les dédier à l'autopartage et d'en confier la gestion à Citiz. Les usagers pressentis se sont engagés, via un sondage, sur un kilométrage annuel assurant l’équilibre économique du service (estimé à 12 000 km par an). Les deux véhicules ont été mis en service fin 2019.

Voir notre étude (mise à jour jusqu'en 2017 seulement).