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Covoiturage

Comment faire du covoiturage quotidien sur de petites distances entre ville et campagne ?

  • Covoiturer en petit comité (famille, collègues, voisins)
  • Trouver des covoitureurs réguliers grâce à une plateforme locale
  • Covoiturer à la dernière minute avec une appli
  • Utiliser des lignes mixtes autocar-covoiturage

 

Covoiturer en petit comité

Le covoiturage se pratique spontanément en famille, entre collègues de travail et entre voisins. Celà représente 5 à 10% des déplacements périurbains.

Il est probablement possible de démultiplier cette forme d'entraide dans les villages en l'organisant de manière simple à petite échelle. C'est ce que suggérait la belle expérience conduite avec l'appui de la SNCF dans le périphérie de Brive (voir notre étude de 2015) mais cette expérience a récemment évolué vers une plateforme numérique. De notre côté, nous testons aussi des solutions d'entraide simples dans les villages de notre territoire.

On peut aussi amplifier la pratique du covoiturage entre collègues en menant des actions de promotion au sein des entreprises. Voir notre étude sur ce sujet et l'action pilote à laquelle nous avons contribué à Bourg-en-Bresse.

Trouver des covoitureurs réguliers grâce à une plateforme locale

Blablacar est une plateforme nationale qui n'a fait ses preuves que pour les trajets occasionnels et longs (plusieurs centaines de km).

Selon une étude (assez ancienne) de l’Ademe, les plateformes de covoiturage dédiées aux déplacements quotidiens inscrivent peu de monde (0,5% de population concernée). Les personnes inscrites sur ces plateformes trouvent des partenaires et covoiturent effectivement dans une proportion qui varie de 3 à 30% selon les territoires. Les équipages se font le plus souvent à deux. La majorité des covoitureurs voyagent ensemble plusieurs fois par semaine, rarement tous les jours. Environ un quart des covoitureurs souhaite faire des arrêts en route (école, course), ce qui implique des adaptations. La durée de vie des équipages est de l’ordre d'un an. Finalement, le covoiturage fonctionne surtout dans la périphérie éloignée au delà de 30 km. Plus de détails ici.

Les plateformes de covoiturage propres aux grandes entreprises inscrivent entre 2 et 33% du personnel. Parmi eux environ 10% parviennent à covoiturer. La longueur moyenne des trajets en commun est de 40 km.

En périphérie de Bourg-en-Bresse, 60 000 personnes résident dans un rayon de 10-30 km autour du centre ville. Leurs déplacements pendulaires sont donc un peu courts pour inciter au covoiturage. Nous avons réalisé en 2014 une étude sur la plateforme locale de mise en relation qui était alors gérée par le Département. Le nombre d'inscrits était d'environ 1% de la population du territoire et nous avons constaté que les possibilités de trajets en commun étaient très limitées. Nous pensons qu'une vingtaine de personnes seulement ont effectivement covoituré grâce à la plateforme. Cela confirme que les plateformes peinent à créer des équipages stables quand les distances sont petites. C'est logique car l'avantage économique du covoiturage est alors faible au regard des contraintes qu'il implique.

Covoiturer à la dernière minute avec une appli

Avec le "covoiturage dynamique", les passagers utilisent leur smartphone pour trouver un conducteur qui va dans la direction souhaitée, y compris à la dernière minute quand la voiture est déjà en route. A ne pas confondre avec les VTC (voitures de tourisme avec chauffeur style Uber) qui ne fonctionnent que dans les grandes villes, le plus souvent avec un seul passager à bord et à un prix comparable à celui des taxis. 

Les applis de covoiturage dynamique sont proposées dans de multiples territoires, de façon plus ou moins expérimentale (y compris à Bourg-en-Bresse). Les succès sont encore rares et se localisent essentiellement dans des très grands sites d'emploi. Voir notre étude sur l'écomobilité numérique.

Utiliser des lignes mixtes autocar-covoiturage

Nous proposons que chacune des dix principales routes reliant la ville de Bourg-en-Bresse et sa périphérie bénéficie d’une ligne de transport écomobile offrant un bon niveau de service, c'est-à-dire une vingtaine d'allers-retours à heure fixe chaque jour du lundi au samedi plus une desserte dynamique avec une attente moyenne de 5 minutes. Ces lignes seraient desservies par des cars, des minibus et les nouvelles formes de covoiturage qui sont en cours de test dans plusieurs villes en France et en Suisse. Pour encourager les conducteurs à jouer le jeu, ils recevraient des primes, éventuellement sous forme de facilités de stationnement en ville.

Ces lignes de transport alternatif formeraient le squelette d'un nouveau réseau d’écomobilité permettant des déplacements en trois étapes :
  • Depuis son lieu de résidence, rejoindre la ligne en voiture, en vélo, en vélo électrique, en covoiturage familial, en autostop ou en taxi social,
  • Puis emprunter la ligne en direction de la ville,
  • À l’arrivée en ville, utiliser la marche, un vélo en libre-service ou un bus urbain ... et inversement au retour.

 

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